Alain Corbellari

Les mondes du Concombre masqué

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Le temps

 

Comme pour l’espace, les données temporelles les plus importantes se trouvent dans les deux premiers albums. Quelques mots d’abord sur la situation temporelle générale de la série : par les références explicites à la philosophie contemporaine et au mode de vie moderne, la série se place sans aucun doute possible à notre époque.

 

Mais le fait qu’il s’agit d’un monde un peu en marge et passablement surréaliste fausse légèrement le problème. Il serait plus juste de dire que Mandryka se sert d’une époque et de ses fantasmes pour définir un monde en marge. Comme tout héros de BD, le Concombre est immortel. D’ailleurs le tome 6 « Le Grand Patatoseur » qui est censé se passer avant les autres aventures est résolument intemporel à la manière des BD qu’il parodie.

 

1) Le réveil

 

Le réveil est un personnage très important dans les albums 1 « Les Aventures Potagères » et 2 « Le retour ». Curieux animal qui passe ses nuits de l’autre côté du miroir et qui vole en bandes serrées juste avant l’aube avant de réintégrer sa place habituelle. Il lui arrive même de dormir. Bien plus que le soleil, il est le gardien de l’heure, ce qui est finalement assez paradoxal. Le réveil marque toujours l’heure juste et le soleil se trompe plus souvent que lui.

Le Concombre, le Réveil et le Soleil
Encore une Journée à Tirer

Ainsi, chez le Concombre, la nuit ne dépend pas du soleil mais bien de l’heure qu’indique le réveil. On arrive a des paradoxes assez amusants comme au moment où le réveil reproche son retard au soleil. Ce dernier ne se sent d’ailleurs pas solidaire du temps. Il profite de son statut de personnage pour laisser le temps s’écouler sans lui. En page 25 du tome 1 « Les Aventures Potagères », il se fait même hargneux, menaçant « le temps » (le réveil) de l’annuler s’il continue à l’embêter. Il soulève ici l’un des fantasmes qui parcourt le livre : rompre le cycle, comme nous l’avions déjà vu à propos de l’espace.

"Retenez-moi ou je l'annule !"

Notons encore que chez Mandryka le réveil n’a pas de cadran, le visage prenant toute la place qui devrait lui revenir. Ici encore, on voit cette préoccupation d’effacer le temps.

 

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 Notes: