Alain Corbellari

Les mondes du Concombre masqué

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Le langage

 

Il y a quelque chose de rabelaisien chez Mandryka : un certain délire verbal à la fois absurde et jouissif, qui naît souvent de l’analyse logique d’un jeu de mot poussée à ses ultimes conséquences.

 

1) « Au pied de la lettre »

 

Comme chez Freud, la barrière entre sens propre et sens figuré n’existe pas chez Mandryka. C’est pourquoi tous les objets et même des expressions purement verbales sont personnalisés : ainsi le pousse-café est-il un petit animal qui pousse un grain de café et l’horloge parlante une variété de crieur public.

Une pause avec le Pousse-Café et la mélopée de l'Horloge Parlante

Quand la nuit tombe une lourde enclume s’abat sur le sol et quand le soleil se lève il sort véritablement de son lit.

Quand la nuit tombe et quand le soleil se lève.

Le courant d’air et le vol-au-vent sont deux animaux qui se ressemblent au point que l’un peut se déguiser en l’autre.

Le courant d’air et le vol-au-vent sont deux animaux qui se ressemblent.

Avoir une vie intérieure, c’est vivre dans une valise et le Concombre peine toute une nuit en essayant de rattraper un robinet qui fuit et donc qui court. Ici, l’expression est à double sens car non seulement le robinet coule (fuite d’eau) mais en plus il s’échappe (tome 1, page 37). Et naturellement le Concombre le rattrape en s’armant d’une clé anglaise.

Comment rattraper un robinet qui fuit ?

On arrive ainsi à un ensemble plus complexe qu’il n’en a l’air :

Autre exemple : en page 36 du tome 2 « Le Retour », le Concombre déclare : « ils dépassent les borgnes », alors même qu’il vient de dépasser… une borne borgne.

« Ils dépassent les borgnes ! »

Donc :

L’identification de l’idée et de l’objet permet de rompre les barrières de la réalité en intégrant l’abstrait dans le concret.

 

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 Notes: