Alain Corbellari

Les mondes du Concombre masqué

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Le langage (suite)

 

2) Le jeu de mots prolifique.

 

À partir de là, en faisant du langage une réalité en soi, on peut travailler sur le concept en le maniant tantôt dans l’abstrait, tantôt dans le concret. Cette technique, que j’appellerais « jeu de mot prolifique » est à la base de la dialectique du pouvoir déjà analysé ci-dessus. Je n’y reviendrai donc que pour les pages 14 et 15 du tome 3 « Maître du Monde » où l’on voit que :

« ô mer toujours recommencée »[24]

devient :

« ô mère, toujours recommencer »

et que :

« aimer amare = amarrer »

Oui, d'accord, mais comment se désamarrer en ramant sans rames ? C'est pas marrant !

Nous avons déjà vu la suite.

 

En partant du jeu de mot prolifique, on aboutit au jeu de mot paradoxal qui n’aide pas à trouver la vérité, comme le premier, mais à en créer une nouvelle. Dans le tome 3 « Maître du Monde », page 13, le Concombre. voit des souris et dit que ce sont des mouches. Chourave lui répond que ce sont des souris et le Concombre dit : « je ne savais pas que les mouches étaient des mammifères ».

Le Concombre dit : « Je ne savais pas que les mouches étaient des mammifères ».

Ainsi :

souris = mouche

souris = mammifère

donc mouche = mammifère

Le syllogisme est simple.

 

De même, dans le tome 4 « La Vie Quotidienne », pages 6, 7 et 8, le champ de cassoulet de Chourave se transforme en champ de mine par le seul fait que l’écriteau qui le surmonte porte la mention « danger, mines ».

Attention ! Le Concombre vous  avait prévenu : « Qui va à la Pêche Merguez, se retrouvera Pêche Melba ! »

Le langage ne crée pas seulement la réalité, il la transforme.

 

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 Notes:



[24] Cette référence valéryenne doit-elle être mise en regard de la citation, déjà signalée, d’Une soirée avec M. Teste ? Au lecteur de juger.