mardi 3 MAI 2016

LES CHRONIQUES DU CONCOMBRE (6)

Mes Chers Légumes,

Serait-ce la suite de mes écubralitions ? (Non, je le jure!) Elles ne sont pas de moi ! J'ai juste ajouté quelques images pour faire joli. C'est une BD parue dans le N° 6 de "L'Echo des Savanes" en 1974 et ensuite dans l'album "Le Retour du Refoulé". J'y ai alors rajouté le texte des éculibrations de Max Horkheimer, un philosophe allemand du siècle dernier. L'histoire s'appelle "ICI Dernier Tango avant la Frontière" et me semble être toujours de la plus profonde actualité. C'est pourquoi je la livre à votre sagacité.

NOTE :
Si vous préférez lire cette BD dans son format original telle qu'elle est parue dans le N° 6 de "L'Echo des Savanes" rendez-vous sur cette page : Page 06 BIS
ou cliquez sur les images ci-dessous pour les agrandir.

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"BOBO LA TÊTE !"

* * * * *

Max Horkheimer 

ECLIPSE DE LA RAISON

 

MOYENS ET FINS

(extrait)

 

Le plaisir d'entretenir un jardin remonte aux temps anciens où les jardins étaient cultivés pour les Dieux auxquels ils appartenaient. Le sens de la beauté, dans la nature ou dans l'art, se rattache par mille liens délicats à ces superstitions anciennes (1). Si l'homme moderne coupe ces liens, parce qu'il les bafoue ou les étale à tout venant, le plaisir pourra continuer quelque temps, mais sa vie interne en est abolie.

 

Nous ne pouvons attribuer le plaisir que nous cause une fleur ou l'atmosphère d'une pièce à un instinct esthétique autonome. Dans sa préhistoire, la sensibilité esthétique de l'homme se rattache aux formes diverses de l'idolâtrie; la croyance en la bonté ou au caractère sacré d'une chose précède la jouissance de la beauté, et cela ne s'applique pas moins à des concepts tels que la liberté et l'humanité. Ce que l'on a déjà dit concernant la dignité de l'homme est certainement applicable aux concepts de justice et d'égalité. De telles idées doivent garder leur élément négatif, en tant que négation du stade ancien de l'injustice ou de l'inégalité, et en même temps conserver leur signification absolue et originale, enracinée dans leurs origines redoutables. Autrement, elles ne deviennent pas seulement indifférentes, mais contraires à la vérité.

 

(1)   Même le penchant pour la propreté domestique, ce goût moderne par excellence, semble enraciné dans la croyance à la magie. Sir James FRAZER (The Golden Bough, vol. 1, part. I, p. 175) cite un rapport sur les natifs de la Nouvelle-Bretagne dont la conclusion que « la propreté habituelle dans les maisons et qui consiste à balayer soigneusement le parquet. chaque jour, n'est nullement fondée sur un désir de propreté et de netteté en soi, mais purement et simplement sur un effort pour mettre hors de portée de celui qui vous veut du mal, tout ce qui pourrait être utilisé comme charme ». (suite page 7)

 

Si vous préférez lire cette BD dans son format original telle qu'elle est parue dans le N° 6 de "L'Echo des Savanes" rendez-vous sur cette page : Page 06 BIS
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