DIMANCHE 6 AOÛT 2017

LES CHRONIQUES DU CONCOMBRE (16)


"BOBO LA TÊTE !"
(à suivre)

* * * * *


Mes Chers Légumes,
k

Je vous avais promis dans ma Lettre 106 de vous apporter quelques éclaircissements sur ce que j'appelle "vivre dans le TAO" et une méthode très simple pour s'y glisser sans problème, et puis comme le temps passe je ne sais où, je ne trouve plus le temps de m'y coller.

Mais fort heureusement je suis en train de relire en ce moment du Castaneda. Et en cherchant quelques suppléments sur le net, je suis tombé sur cette page : http://fr.native-american-spirituality.info/enseignements_de_don_juan_matus.html, avec plein de citations de Don Juan. Et comme tout ce que dit Don Juan, c'est du Tao, il est donc inutile que je vous l'explique. Tout y est dit beaucoup mieux que je ne saurais le dire.

Je vous ai donc mis en ligne ici plus bas un extrait de cette page avec des citations tirées de son livre : "Voir". Tout ce qu'il dit, c'est ce que disent Lao Tseu et Tchouang Tseu! Lisez! C'est le Tao!

Ça vous sera très utile pour vous faire couler un bain ou pour faire sauter vos patates dans votre wok.

A plus, portez-vous bien!

Sur ce, bonsoir tout le monde. Je vais me coucher.

marty

Le Concombre Azimuté

k


Voir

(Les dires de Don Juan Matus dans :"Voir", de Carlos Castaneda *)

Pour lire les notes, cliquez sur le petit astérisque coloré : *

Le pouvoir repose sur le genre de connaissance que l'on possède. Quel est l'intérêt de savoir des choses qui sont inutiles?

Je ne suis jamais en colère contre personne! Aucun être humain ne peut faire quoi que ce soit d'assez important pour cela. Vous devenez en colère contre des gens quand vous sentez que leurs actes sont importants. Je ne me sens plus de cette façon.

(Le chemin sans cœur) * attire des hommes et leur donne un sentiment de pouvoir; il leur donne le sentiment qu'ils peuvent faire des choses qu'aucun homme ordinaire ne peut faire. Mais c'est son piège. Et, à la prochaine occasion, le chemin sans cœur se retournera contre les hommes et les détruira.

On doit vivre une vie forte, et calme.

Il est dangereux d'entrer en contact avec des alliés,* car ils peuvent inciter le pire chez l'homme.

L'apprentissage peut être long et dur, car on doit réduire à un minimum tout ce qui est inutile dans sa vie.

Se sentir important nous rend lourds, maladroits et vaniteux. Pour devenir un homme de la connaissance, on doit être léger et fluide.

… Je continue à vivre, parce que j'ai tempéré ma volonté durant toute ma vie jusqu'à ce qu'elle soit ordonnée et saine. Et maintenant, il ne m'importe guère que rien n'importe. Une fois que l'homme apprend à voir *, il se trouve seul dans le monde avec rien d'autre que la folie.

Je ne sais pas quoi changer dans les gens autour et dans quel but. Probablement un jour vous pourrez voir des personnes de l'autre plan et comprendre qu'il n'y a aucune manière de changer quoi que ce soit en eux *.

Nous devons regarder avec nos yeux pour rire. Car c'est seulement quand nous regardons les choses que nous pouvons voir leur côté rigolo. D'autre part, quand nous voyons *, tout est si égal que rien n'est drôle. Peut-être qu'il y a des hommes de la connaissance qui ne rient jamais, mais je n'en connais aucun. Ceux que je connais voient, mais eux aussi regardent et rient. Je n'aime pas être triste, ainsi quand j'observe quelque chose qui me rendrait triste, je décale simplement ma vue et vois au lieu de regarder. Mais quand je trouve quelque chose par hasard de drôle, je le regarde et ris. Je suis heureux parce que je choisis de regarder les choses qui me rendent heureux, et alors mes yeux attrapent leur côté rigolo et je ris.

On doit toujours choisir le chemin du cœur afin d'être à son meilleur, peut-être afin que l'on puisse rire tout le temps.

Un homme de la connaissance vit dans l'action, pas en pensant à agir, ni en pensant à ce qu'il pensera quand il aura fini d'agir. Un homme de la connaissance choisit un chemin avec le cœur et le suit; alors, il regarde, se réjouit et rit, il voit et sait. Il sait que sa vie sera finie trop tôt. Un homme de connaissance n'a aucun honneur, aucune dignité, aucune famille, aucun nom, aucun pays, seulement la vie à vivre, et dans ces circonstances son seul lien au monde est sa folie contrôlée. Ainsi, un homme de la connaissance s'efforce, transpire, et s'essouffle et si on le regarde, il est simplement comme n'importe quel autre homme ordinaire, sauf que la folie de sa vie est sous contrôle. Que ses actes soient bons ou mauvais, fonctionnent ou non, ne font nullement partie de ses soucis.

C'est la même chose d'être gagnant ou perdant.

Vous êtes trop concernés à aimer les personnes ou à vouloir être aimé. Un homme de la connaissance aime, c'est tout. Il aime tout ce qui lui chante, mais il emploie sa folie contrôlée pour être indifférent envers cela. Cela est l'opposé de ce que vous faites maintenant. D'aimer les gens et d'être aimé d'eux est loin d'être tout ce que l'homme peut faire.

Notre destinée en tant qu'hommes est d'apprendre. Et on doit aller à la connaissance comme on va à la guerre; avec respect, conscient du fait qu'on va faire la guerre, et avec une confiance absolue en soi. Mettez votre confiance en vous-même, pas en moi.

Dans la vie d'un homme de la connaissance tout est rempli au rebord. Afin de devenir un homme de la connaissance, on doit être un guerrier, pas un enfant pleurnichard.

Si vous ne pensez pas à votre mort, toute votre vie sera juste chaos personnel.

Les gens gagnent ou subissent la défaite, et par conséquent ils deviennent victimes ou bourreaux.

Pendant que quelqu'un pense qu'il est une victime, sa vie est un enfer.

Ce qui nous rend malheureux ce sont nos désirs (“terrestres”).

Les résultats de l'utilisation de la volonté sont étonnants. La première chose, peut-être que l'on devrait faire, est de savoir que l'on peut développer la volonté… La volonté est quelque chose de très clair et puissant qui peut diriger nos actes. La volonté est quelque chose que l'homme utilise, par exemple, afin de gagner une bataille qu'il devrait perdre, selon tous les calculs.

Le courage est autre chose. Les hommes courageux sont des hommes sûrs, nobles, des hommes perpétuellement entourés par des personnes qui s'assemblent autour d'eux et les admirent; pourtant, très peu d'hommes courageux ont de la volonté. Habituellement, ce sont des hommes courageux qui exécutent des actes audacieux au sens commun; la majeure partie du temps, un homme courageux est également effrayé. La volonté, par contre, doit se référer à des exploits étonnants qui défient notre bon sens. La volonté est un pouvoir. La volonté est ce qui peut vous inciter à réussir quand vos pensées vous disent que vous êtes défaits. La volonté est ce qui vous rend invulnérables. La volonté est ce qui permet à un sorcier de passer à travers un mur, l'espace, la Lune, s'il le désire. La volonté est la force qui est le véritable lien entre l'homme et le monde. Ce que vous appelez volonté est du caractère et une forte disposition. Ce qu'un sorcier appelle volonté est une force qui vient de l'intérieur et s'attache au monde extérieur. Il vient de l'intérieur de l'abdomen…

La nature effrayante de la connaissance ne donne aucune autre alternative que de devenir un guerrier. Avant que la connaissance devienne une affaire effrayante, l'homme se rend compte également que la mort est l'associé irremplaçable qui s'assied à son côté sur le lit. Chaque parcelle de connaissance, devient pouvoir, à la mort en tant que force centrale. La mort prête la touche finale, et ce qui est touché par la mort devient en effet pouvoir.

L'homme qui suit les chemins de la sorcellerie est confronté à une annihilation imminente à chaque détour, et inévitablement il se rend profondément compte de sa mort. Sans la conscience de la mort, il serait seulement un homme ordinaire impliqué dans des actes ordinaires. Il manquerait le potentiel nécessaire, la concentration nécessaire qui transforme son temps ordinaire sur la Terre en pouvoir magique.

Ainsi pour être un guerrier, l'homme doit être, avant tout, et à juste titre, profondément au courant de sa propre mort. Mais d'être concerné par la mort forcerait n'importe qui d'entre nous à se concentrer sur soi, et ce serait débilitant. Ainsi, une autre chose que l'on doit avoir afin d'être un guerrier est le détachement. L'idée de la mort imminente, au lieu de devenir une hantise, devient une indifférence. Maintenant vous devez vous détacher de tout… Seulement l'idée de la mort fait que l'homme se détache suffisamment…

Et ainsi avec une conscience de sa mort, avec son détachement et avec le pouvoir de ses décisions, un guerrier place sa vie de façon stratégique. La connaissance de sa mort le guide et fait qu'il se détache silencieusement et vigoureusement; le pouvoir de ses décisions définitives le rend capable de choisir sans regret, et ce qu'il choisit est toujours stratégiquement le meilleur; et ainsi, il exécute toutes les choses qu'il doit accomplir avec enthousiasme, vigueur et efficacité.

Quand l'homme se comporte d'une telle façon, il peut légitimement dire qu'il est un guerrier et a acquis la patience.

Sa mort se repose avec lui sur le matelas; ils sont des amis. Sa mort le conseille, de manières mystérieuses, à savoir comment choisir, comment vivre stratégiquement. Et le guerrier attend. Je dirais que le guerrier apprend sans hâte, parce qu'il sait qu'il attend son destin. Et un jour, il accomplit quelque chose qui est d'habitude tout à fait impossible à accomplir. Il peut même ne pas s'apercevoir de ses extraordinaires actions. Mais pendant qu'il continue à exécuter des actes impossibles, ou pendant que des choses impossibles continuent de lui arriver, il se rend compte qu'une sorte de pouvoir émerge.

Nous sommes des hommes et notre sort est d'apprendre et d'être lancé vers de nouveaux mondes inimaginables.

Voir est pour les hommes impeccables. Calmez votre esprit maintenant, devenez un guerrier, apprenez à voir, et alors vous saurez qu'il n'y a aucune limite aux nouveaux mondes pour notre vision.

La vie pour un guerrier est un exercice stratégique.

Un guerrier… ne se tient jamais sur la route en attendant d'être écrasé. Ainsi, il réduit à un minimum les chances de l'imprévisibilité. Ce que vous appelez accident est, la majeure partie du temps, très facile à éviter, excepté pour les idiots qui vivent négligemment.

Un guerrier n'est jamais oisif ni jamais pressé.

… La mort a deux étapes. La première est un black-out. Mais c'est à la deuxième étape qu'on rencontre vraiment la mort; c'est un bref moment, après le premier black-out, quand nous constatons que nous sommes d'une certaine façon encore nous-mêmes.

Je vous ai entendus dire à maintes reprises que vous êtes toujours disposés à mourir. Je n'estime pas ce sentiment utile. Je pense que c'est une indulgence inutile. Un guerrier devrait être disposé à lutter seulement.

Je vous ai également entendus dire que vos parents ont blessé votre esprit. Je pense que l'esprit de l'homme est une chose qui peut être blessée très facilement, bien que pas, par les actes que vous appelez, nuisible. Je crois que vos parents vous ont blessés en vous faisant indulgent, mou et enclin aux soucis.

L'esprit d'un guerrier n'est pas fait pour l'indulgence ni pour se plaindre, à gagner ou à perdre. L'esprit d'un guerrier est adapté pour lutter seulement, et chaque lutte est la dernière bataille d'un guerrier sur Terre. Ainsi, les résultats ne lui importent guère. Dans sa dernière bataille sur Terre, un guerrier laisse aller son esprit libre et clair. Et comme il fait sa bataille, sachant que sa volonté est impeccable, un guerrier rit et rit.

Un guerrier traite le monde comme un mystère sans fin et ce que les personnes font comme une folie sans fin.

… Vous pensez et parlez trop. Vous devez cesser de vous parler à vous-même. En fait, nous maintenons notre monde avec nos entretiens internes. Toutes les fois que nous arrêtons de nous parler à nous-mêmes, le monde est comme il devrait être. Tout d'abord, vous devez utiliser vos oreilles pour prendre une partie du fardeau de vos yeux. Nous avons employé nos yeux pour juger le monde depuis le temps où nous sommes nés. Nous parlons aux autres et à nous-mêmes principalement au sujet de ce que nous voyons. Un guerrier se rend compte de cela et écoute le monde. Il écoute les bruits du monde. Il se rend compte que le monde changera dès qu'il cessera de se parler et il doit être préparé pour cette secousse monumentale.

Le monde est comme ceci et cela ou comme cela et ceci seulement parce que nous nous disons que c'est la manière qu'il est. Si nous arrêtons de nous dire à nous-mêmes que le monde est comme ceci et cela, le monde cessera d'être comme ceci et cela.

Ces citations sont extraites de la page : Enseignements de Don Juan Matus
Compilé par Vladimir Antonov, Ph.D.
Traduit de l'anglais par Christian Lirette


Carlos Castaneda Voir
Les enseignements d'un sorcier yaqui *
Collection Témoins / Gallimard


PS : Vous pouvez utiliser votre "Lettre du Concombre" pour m'envoyer une réponse ou une question, ou un commentaire. Bonne Année à tous !

zaza court toujours ! Pour le reste :"Il faut faire confiance aux événements, ils finissent toujours par se produire. " Alexandre Vialatte

posted by concombre | 06/08/17


( À NE PAS SUIVRE) comme ne disait pas Jean-Paul Mougin

Oui, bon, on verra bien.

Concombre OH ! à 100 mètres
Le Concombre explique à Chourave ce qu'il ne veut pas savoir. Dessin original (10,5 X 15 cm)
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(à suivre)